|
Notes historiques
Les premiers renseignements recueillis autour des installations humaines primitives ont été fournis par des gisements trouvés autour de l´actuelle forteresse de la Mota et datent de l´âge de Fer (VII e et V e siècles av.JC). Déjà à la fin du XI e siècle, la Mota constitue une enclave de population permanente située à un carrefour, constante qui sera fondamentale durant toute l´histoire de Medina. Le franchissement des frontières naturelles que sont le fleuve Zapardiel et son affluent l´Adajuela se fait, comme dans la plupart des villes castillanes, grâce à différents foyers créés sous la protection d´ermites, d´églises, de couvents et de monastères. A travers la construction successive de trois enceintes entourées de remparts et de chemins naturels reliant ces enclaves va se former un centre urbain stable qui s´apparente à celui de la ville aujourd´hui.
Aux XV e et XVI e siècles, Medina del Campo atteint son âge d´or: en plus de connaître la plus grande expansion territoriale de son histoire, elle acquiert un statut des plus importants dans le gouvernement du royaume. Fernando de Atequeran et, surtout, les Rois Catholiques 1 la sollicitent sans cesse, ce qui contribuera à faire d´elle un lieu hautement urbanisé pour l´époque, les foires représentant l´authentique moteur de ce progrès. A cette époque, la population se divise en cinq grands secteurs: le central, forum commercial et théâtre des foires; l´”aristocratique”, le plus occidental, qui regroupe plusieurs édifices monumentaux tels que des couvents, des paroisses ou de grands palais; les faubourgs extra-muros, quartiers situés au delà de la troisième muraille; celui qui se trouve sur la partie septentrionale, sur la rive droite du Zapardiel, probablement le plus grand des secteurs; et celui qui est enclavé à la colline de la Mota et ses abords, où le dépeuplement définitif commence déjà à se faire sentir. Au XVI e siècle, Medina comptait une population de près de 20 000 habitants, chiffre très élevé pour l´époque et surtout, elle avait un niveau économique et de productivité très élevé par rapport aux autres villes castillanes.
Le déclin du commerce de la laine, des foires en général et de la faveur royale 2 entraîne une vertigineuse perte de population, l´abandon des maisons, la quasi disparition du commerce et l´ostensible diminution du Patrimoine monumental. Tout cela mène à une situation critique qui touche le fond en 1843, lorsque Medina del Campo perd son statut de tête de circonscription judiciaire. C´est dans ce contexte que nous devons nous situer afin d´apprécier à sa juste valeur l´actuelle dimension patrimoniale de Medina.
1 La Reine Isabelle la Catholique a vécu dans le Palais Royal Testamentaire de Medina del Campo. Elle y a également dicté son testament, le 26 novembre 1504 et elle y est morte.
2 Notons que Medina del Campo a participé à la révolte populaire et qu´elle a été incendiée en août 1520.
Trois facteurs ont joué un rôle décisif dans la nouvelle expansion de Medina : l´arrivée du chemin de fer, facteur fondamental; la reconstitution et la mise en service du quartier militaire; et l´établissement de la station thermale, aux abords de la zone des Salinas . Le développement de l´industrie annonce une période de transformation partielle (1871-1912), de consolidation (1913-1922) et une période de crise (1932-1965).
A cette époque, le centre urbain de la ville va subir une série de transformations visant à urbaniser les espaces et les services publics, ce qui entraîne une nouvelle destruction d´une bonne partie du patrimoine. De cette façon, les infrastructures ont évidemment été sensiblement améliorées, surtout grâce à la construction d´un nouveau chemin de fer de première catégorie (aujourd´hui quelque peu dégradé). Avec le chemin de fer sont également apparus le télégraphe (1866), l´électricité (1895), de nouveaux alignements des places et des rues centrales, l´ouverture d´espaces verts et de nouvelles rues, l´amélioration des constructions, les périodiques etc...
Cependant, d´un point de vue monumental, la ville perd la totalité des arcades de son centre historique (hormis sur la Plaza Mayor ), toutes les fortifications de sa troisième muraille ainsi que ses portes (celles de Valladolid, d´Avila, de Salamanque…) et un grand nombre de constructions singulières comme le Palais Royal Testamentaire et l´Eglise de San Pedro. L´élan de développement des années 60 et la fièvre constructrice de cette décennie entraînera de la même manière la destruction d´églises comme celle de la Vera Cruz et de nombreuses constructions civiles d´intérêt historico artistique, entraînant la multiplication d´actions de pillage dans des centres historiques de villes plus importantes comme Valladolid, Vigo ou Gijón.
Aujourd´hui Medina del Campo représente le noyau de population le plus important de la province de Valladolid d´un point de vue hiérarchique et fonctionnel, après, bien sûr, la capitale de la région.
|